Focus Nuit 4 : Interview 10 ans de BEE RECORDS

BEE RECORDS 10 YEARS ! / Samedi 15 Mai / Marché Gare
Nuit 4 / Scène 4 / 22h00-04h00

Quand même, 10 ans d’activisme discographique, de bazar de maison de disques, c’est pas rien…Figure canal historique de l’électronique à Lyon (avec d’autres hein, Jarring Effects, notamment, des killer de l’indépendance au catalogue ultra remarquable), sans doute trop discrète pour un large public (forcément, ils sont très loin de produire de la musique formatée, et finalement, une grande partie de leur catalogue est assez inclassable), bref, la bande à Bee Records, au-delà d’investir la scène 4 de la dernière nuit du Marché Gare, c’est une interview en forme de coup de chapeau (Respect ! comme on dit dans le chaudbises) que les deux compadres, Olivier Slush Charel et Praktish, nous ont livré là, toute chaude, pour faire le point de leur jolie aventure collective ! Merci les gars et à totbien…

Ns : Bon là, sérieux, faire un label, est-ce bien sérieux justement ?
OSC: On l’a lancé, il y a dix ans maintenant, hors de question de lâcher l’affaire.
Praktisch : Et question sérieux, ça le devient de plus en plus au fil des années, mais toujours avec beaucoup de fun et plaisir.

Ns : Qu’est ce que ça peut bien signifier à notre époque chelou de tenir un label, une maison de disques comme j’aime encore à utiliser le terme ?
OSC: Ca reste la même volonté qu’il y a 20 ou 30 ans c’est-à-dire proposer une vision, une esthétique. Défendre le travail de nos artistes, partager une aventure et les aiguiller si besoin.
Praktisch : C’est du fanatisme aussi ! Si on ne croyait pas en nos artistes ça n’aurait aucun sens.

Ns : Vous définiriez vous comme des music freaks, des passeurs, des entrepreneurs, des businessmen, des cinglés ?
OSC : Freaks me plaît bien dans l’idée de liberté, dans les choix que l’on propose, qui ne sont pas forcément du music business. Entrepreneurs sûrement car tenir un label implique des investissements qui peuvent mettre en danger la structure à tout moment. On doit sûrement être aussi cinglés, mais j’aurais plutôt utilisé le terme « passionnés », c’est surtout cette valeur qui prédomine dans notre belle famille.

Ns : Bon, vous commencez à avoir disons un peu d’expérience…Comment vous expliquez cette espèce de longévité disons miraculeuse aux yeux d’un music business de masse ?
OSC : Quand la passion est grande justement, il y a de fortes chances que le message soit soutenu, et ceci quel que soit le type de musique. Si on est resté dans la longévité c’est qu’on n’a jamais perdu la foi et que l’on a toujours eu des propositions de grande qualité. On ne se fout pas de ta gueule chez nous !

Ns : La vie quotidienne du label, c’est quoi aujourd’hui ?
OSC : C’est travailler sur la promotion des sorties, la mise en place sur les plateformes de téléchargement, préparer les événements (en ce moment on travaille sur Nuits Sonores où le label sera sur la scène 4 le Samedi 15 Mai et aussi deux jours de concert gratuit cet été dans le cadre de Tout Le Monde Dehors les 30 et 31 Juillet prochains). Il y a aussi la préparation des albums et des maxis de nos artistes que ce soit de la planification, du mastering, entrer en contact avec les distributeurs, les presseurs, fabriquer les différents supports de communication nécessaire (flyers, affiches, sites web, photos de presse…). Enfin voilà c’est un travail qui prend du temps, beaucoup d’énergie. Nous sommes 4 permanents : Ben à la Promo, Merryl à l’administration, Praktisch et moi-même à la direction sans compter tous les bénévoles, les stagiaires et le bureau de l’association. Une grande famille, je te dis !!

Ns : Et les ventes, tout le monde pleurniche, mais bon sang, on a quand même l’impression qu’il n’y a jamais eu autant de labels, tout autour du globe, dans toutes les esthétiques. Est-ce que vous pouvez préciser les chiffres de ventes, par support, et la proportion de ventes en France et à l’étranger…
OSC : Si tu as l’impression qu’il y a autant de labels c’est qu’aujourd’hui avec Internet tout est à ta portée en un clic en direct de ton canapé.
Praktisch : Pour ce qui est des ventes, c’est sûr que comme tout label, on a vu baisser nos ventes de disques depuis nos débuts et même si aujourd’hui nous avons une distribution mondiale pour le numérique, cela ne compense pas encore vraiment mais on a bon espoir, et l’on y croit. La création de plateformes tel que cd1d.com apporte une nouvelle dynamique communautaire et nos diverses tournées a l’étranger nous ramènent un nouveau public qui, semble-t-il est plus « consommateur » de mp3 (c’est surtout vrai aux USA).

Ns : Qu’en est-il de l’esthétique globale de votre label, j’imagine que le design, les objets disques, peut être même le merchandising, votre site web, tout cela ont une importance disons essentielle ? Pouvez-vous préciser le nom de vos graphistes, et nous dire si vous attachez une grande importance à tout cela ?
OSC : Pour ce qui est du design, on laisse le choix à nos artistes tout en gardant notre œil critique dessus. Pour le site, les newsletters et pas mal de visuel, c’est Praktisch qui s’en occupe. Sinon, on a aussi travaillé avec beaucoup de graphistes que ce soit Karl d’Insected Designers au début du label, les Funky Team Work ensuite (qui maintenant on leur boite Wemotion), Aurélien Pescher qui travaille aussi avec Cosmos70. Il y a aussi eu Julie Chovin qui a réalisé la cover de Paral-lel  Freaks Rock. Bien sûr tout ceci a son importance, encore une fois notre charte graphique fais partie de la vision globale de notre label.

Ns : Qu’est ce que vous venez de sortir récemment et racontez nous un peu comment ça se passe ?
OSC : Depuis le début de l’année, on a sorti Noone Maybe the last qui a fait un vrai carton et qui n’arrête pas de jouer depuis ; le dernier maxi de Paral-lel Monkey Money ; Nth Synthesis Correlation et bientôt une compilation célébrant les 10 ans du label avec des invités et amis pour l’occasion. À la rentrée, il doit y avoir les deuxièmes albums respectifs de Paral-lel et Cosmos70 qui sont tous les deux très attendus.

Ns : Quels sont vos projets pour les semaines à venir ?
OSC: 3 Jours de stand au Mix Move où l’on sera présents avec toutes nos releases en ventes en physique, des affiches, stickers plus des sampler du label en cadeau sur vos clés USB. La scène 4 de Nuits Sonores le samedi 15 Mai et ensuite rendez-vous en Juillet les 30 & 31 pour deux jours de concert et de rencontres avec le label pour ceux qui veulent découvrir ce qu’est un label aujourd’hui justement ! J’allais oublier la fête de la musique que l’on organise depuis 3 ans avec Jarring Effects, BRK, AADN, Airflex Labs cette année nous serons sur le Boulevard électro, avenue Jean Jaurès au niveau du Stade de Gerland.

Ns : Comment vous voyez les choses disons dans les années qui viennent ?
Praktisch : On peut te parler de ce qui va se passer chez nous jusqu’à mi 2011 après ça reste flou, mais il est clair que le développement est une priorité. Comme le disait Slush, aujourd’hui BEE Records c’est deux employés permanent et deux bénévoles… Demain peut être quatre employés et encore plus de groupes…

Ns : C’est quoi les meilleurs souvenirs de votre histoire ?
OSC : Une soirée BEE Records au Triptyque qui est maintenant devenu le Social Club. Une soirée mythique avec Ceephax Acid Krew, X&Trick et Kid Acne, bien bien arrosée et à l’époque les lieux étaient encore fumeurs ! Il y a aussi cette soirée que l’on a faite en plein été avec Tipper & notre amie Flore à la Plateforme qui était vraiment une soirée magiquement incroyable.
Praktisch :  Je suis d’accord avec Slush et sinon pour un très bon souvenir plus récent je parlerai du live de Noone au Reperkusound où il y avait deux à trois cents fans collés a la scène, scandant son nom et sautant à s’en faire péter les genoux… 10 minutes avant qu’il ne joue ! Un réel bonheur de voir une telle concrétisation.

Ns : Et les galères ?
OSC : Je me souviens d’un des premiers plateaux que l’on avait fait à Grenoble, il y a bien 8 ans je pense. C’était dans un gros club avec plein de petits couloirs étroits et de salle improbable de partout. Une soirée vraiment étrange au possible. Notre seul réconfort, il y avait ce soir-là les cagoules de UR qui ont fait un set incroyable!
Praktisch: Pour moi ça serait les 50 heures de voyage pour rentrer de notre dernière tournée Américaine, suite à un concours de circonstances, c’était insoutenable ! 3 jours pour m’en remettre. Il y a aussi cette fois où on jouait a New York et le promoteur de la soirée qui était carrément louche, qui nous fait dormir dans une pièce totalement vide avec pour seul compagnon un Pitt bull ultra nerveux dans la pièce d’à côté qu’il ne faillait pas regarder dans les yeux sous peine de se faire bouffer (selon son maître) !

Ns : Des regrets, des choses que vous avez ratées, des artistes loupés ?
Praktisch: Pas trop finalement, le seul échec de programmation qu’on a eu fut Si Begg qui a annulé à trois reprises sa venue lors de nos soirées mais qu’on a pu voir avec plaisir au dernier Riddim Collision, c’est croire qu’on est chanceux!

Ns : Quel est votre disque préféré sur votre label ?
Praktisch : C’est une question difficile, et pour essayer d’y répondre, il faut que j’oublie les dernières sorties puisqu’elles sont trop fraîches et donc j’en suis un grand consommateur en ce moment (surtout le Noone Maybe the last). Donc je dirais en album Cosmos70 Voices, et en maxi Sink EP3 ou celui de Pierce Warnecke The Electronic Heart, mais il y a aussi Phasme et son maxi Nuits… Arrrrg non tu vois, ce n’est pas possible, je ne peux pas choisir !

Ns : Quel est le disque de votre label que vous nous conseilleriez de redécouvrir ?
OSC : Le premier album de Noone Grenadine, je réecoute aussi très souvent la première compilation BEE ! Sinon en EP je dirais Firing for Effects de Paral-lel qui reste notre plus belle pièce collector vinyl. Mais, sans langue de bois, je dirais que je ne regrette aucune de nos productions et que le choix est dur!
Praktisch: Le EP3 justement c’est un split vinyle avec Sink et Léonard de Léonard encore disponible en vinyle pour pas très longtemps et maintenant aussi en MP3.

Ns : Vous sentez vous proches d’autres labels français ou internationaux, lesquels et pourquoi ?
OSC : Bedroom Research, Jarring Effects, Tigerbeat6, Skam… Parce que nos route se sont croisées maintes fois, que nos parcours se ressemblent et que ce sont des fanatiques comme nous ! On fait de la Musique !

One Response to Focus Nuit 4 : Interview 10 ans de BEE RECORDS

  1. Bravo BEE pour vos soirées et vos productions ! keep giving us good vibes !