
En sus de la présence du londono-marseillais Danton Eeprom, sera présent derrière les platines de la Plateforme, l’un des ultra prometteurs dj/producteur français, et activiste de la scène électronique parisienne Clement Meyer…Auteur d’un premier maxi sur son propre label (Get the Curse, aussi formidable blog/webzine et soirées régulières au Social Club), le jeune homme élégant se présente à travers nos quelques questions échangées par écrit, un matin d’hiver enneigé…
Ns : Salut Clément, tu viens jouer à Lyon pour l’Echo sonore 81, à la Plateforme, le 26 Février avec Danton Eeprom. Peux tu te présenter un peu, nous dire ton parcours, tes influences et ton rapport à la techno et aux musiques électroniques ?
Clément Meyer : Hello, je m’appelle Clément Meyer, je suis dj depuis quelques années, producteur depuis peu. Je ne suis pas spécialement « passionné par la musique électronique depuis mon plus jeune âge » comme on peut lire dans la plupart des bios de djs. Je m’y suis mis vers 21 ans sous l’impulsion d’un de mes potes d’école… .connu aujourd’hui sous le nom d’Olibusta (mon partenaire de label) ! Par contre j’ai toujours eu ce rapport un peu boulimique avec la musique. Avant d’engloutir des centaines de maxis de labels berlinois, je me ruinais en mix tape de hip hop US et avant ça, je claquais tout mon argent de poche dans des Cds de hard rock chez Jussieu Musique (célèbre boutique de cds d’occasion à l’époque où le web ne s’était pas encore imposé pour découvrir de nouveaux artistes). J’ai écouté 3 milliards de disques et fait mon clubber averti pendant 2,3 ans. C’était en 2003, j’étais à fond dans un style « post électro clash- indus », un peu comme la compil Dj Kicks de Tiga que je considère comme l’une des meilleures compilations de la décennie (même si ce n’est pas non plus la plus « intemporelle ») puis j’ai eu l’occasion de mixer pour la première fois fin 2005 dans un petit bar parisien. Ensuite les choses se sont enchainées naturellement. J’ai fondé Get The Curse en 2007, avec d’autres potes qui partageaient la même passion. On a lancé les soirées à peu près dans la foulée. En 2008, j’ai rencontré Danton Eeprom pour participer à l’aventure Fondation, son propre label et les soirées Baise Main que nous organisons à Londres. Puis l’année dernière l’envie de monter mon propre label s’est accrue, on a donc travaillé là dessus pour bien démarrer 2010 !
Ns : Tu es dj, certes, mais tu es aussi un des piliers de Get The Curse, mortel blog/webzine où l’on trouve tout un tas de trucs, des mixs à podcaster ou à l’écoute, souvent excellent, des playlists (Ivan Smagghe y met de temps à autres ses playlists mensuels), des interviews, etc.Idem, peux-tu présenter ce bazar, votre motivation à faire cela, les difficultés et les limites du truc ?
Clémént Meyer : Comme dit plus haut, à la base Get The Curse était un simple blog. on voulait déjà aller plus loin que le blog mp3 de base, on voulait proposer des interviews, des playlists, des podcasts, un modèle qui a été copié par pas mal de blogs par la suite…On a voulu dès le départ imposer en quelque sorte nos goûts, notre propre vision du truc, dire un peu « ok là c’est la sortie de l’album de Justice, tout les blogs du monde vont foncer tête baissée dans le buzz, hé bien nous on va faire nos snobs et parler de ce vieux morceau afro gay minimal sorti en 2004 sur un label norvégien ». Comme disait Lelo, un de nos contributeurs: « Get The Curse, c’est la punition plutôt que la justice ». Même si on peut passer pour des vieux cons avant l’âge, ça nous faisait marrer d’enfoncer le clou, et au final, je pense que si le blog a marché, c’est parce qu’on parlait vraiment ce qui nous plaisait sans faire la course au buzz.
Aujourd’hui le site s’apprête à prendre une forme un peu différente car il va devenir un site de label à part entière, le blog devenant ainsi une catégorie du site parmi d’autres. Attendez vous donc à voir des changements dans les jours à venir, plus sur la forme que sur le fond, car nous allons continuer à poster régulièrement.

Ns : Get the Curse, c’est maintenant aussi un label…Pourquoi, à l’heure de la crise du disque, s’emmerder avec un truc pareil et peux tu nous rappeler ce que vous venez de sortir, où le trouver, et nous dire un peu les orientations et les futurs disques à attendre en 2010 ?
Clément Meyer : Crise du disque ou pas, ce qui est sur c’est que les gens écouteront toujours de la musique. Le label, c’est vraiment la suite logique du blog. On n’est d’ailleurs pas le premier blog à avoir évolué de cette façon. Pour nous ça s’est vraiment fait de façon logique, Olibusta, Le Loup, Darabi, ou moi même sommes de jeunes producteurs qui commençaient à sortir des trucs, et d’avoir le soutien de plusieurs djs influents. On avait pas mal de morceaux en stocks, et on avait envie de les sortir sur le même label car on est tous pote à la base, et ça nous faisait plaisir de nous réunir autour d’un projet entre copain. Là le premier maxi du label sort ces jours ci. C’est un maxi de moi même remixé par Sian. J’ai eu a chance d’avoir été soutenu à fond par Ivan Smagghe et Andrew Weatherall donc ça m’a donné confiance pour ce maxi et là je t’avoue qu’on hallucine un peu sur les retours qui vont de Damian Lazarus à Simian Mobile Disco en passant par Oliver Huntemann, Dj Feadz, Agoria, Tobi Neumann, Gregor Tresher, Surkin, Chloé et même Carl Cox haha…C’est amusant d’ailleurs d’être taxé par certains de façon un peu péjorative comme Dj « minimal » et d’avoir des feedbacks de Djs d’horizons aussi divers…Mais en même temps, on a toujours essayé d’être au delà des chapelles donc pour nous c’est cohérent.
Sinon après moi, nous avons un maxi d’Olibusta Red counter EP prévu fin Mars, dans un trip un peu « cosmic house » c’est vraiment très bon, j’ai hâte que ça sorte !
Ns : Et enfin, Get The Curse, c’est aussi une soirée régulière au Social Club. Quel est le rythme des soirées, pourquoi le Social, qui sont les invités et l’état d’esprit du truc ?
Clément Meyer : Le blog tout seul n’existerait pas sans les soirées à vrai dire. Il s’agit de soirées mensuelles au Social club. On les a démarrées il y a 2 ans après avoir mixé à droite à gauche sur Paris. C’est notre seule vraie résidence et c’est vrai que quand tu es Dj, c’est important d’avoir une résidence dans sa ville. Pour moi, c’est toujours un immense plaisir de mixer à ma soirée, c’est un peu notre bébé et donc je m’y sens comme à la maison, c’est comme une sorte d’immense fête entre amis. Au niveau des invités, on veut que la prog’ soit massive et qu’elle soit aussi l’occasion de découvrir de nouveaux artistes pas forcément habitués à Paris. Si on fait le bilan au bout de 2 ans, un paquet de monde est venu: Radio slave, Andrew Weatherall, Kiki, François k, Paul Ritch, Sebo k, Maetrik, Roman Flugel, Ivan Smagghe, Solomun, Superpitcher, Guillaume & coutu dumont etc. (Ca va, ça le fait…Ndr)
Ns : Quels sont tes artistes ou dj’s préférés et quelle est ta bande ou les mecs dont tu te sens proche en ce moment ?
Clément Meyer : Les artistes dont je me sens proche sont ceux du label, parce que même si on a tous des approches différentes de la techno, je nous trouve très complémentaires et c’est ça qui m’intéresse. Au delà de ça, j’aime quand la musique est sombre, un peu punk, sexy et big room à la fois. Des artistes comme Maetrik ou Mikhael Stavostrand ont toujours été parmi mes favoris.
Ns : Et pour finir, à quoi doit on s’attendre quand tu vas jouer pour nous ?
C’est toujours compliqué de décrire ce que je joue ! Je vais surement jouer 2,3 remixes que je viens de terminer et qui doivent sortir prochainement, notamment celui que j’ai fait pour Aswefall. Sinon de manière générale, j’essaie de trouver l’équilibre idéal entre tout ce que j’aime dans la musique de club: pointu mais dansant, lancinant mais dynamique, vieux qui sonne récent, le truc pas si simple à décrire quoi…
Pendant l’Extra Uber Gouter 2008 Clément Meyer était venu jouer de la musique avec nous ; on en avait profité pour faire une mini itv, à découvrir là
http://www.le-gouter.com/blog/index.php/2008/10/10/498-transclub-danton-eeprom-housemeister-get-the-curse