Evidemment qu’un roman signé Nick Cave ça semble inratable dès lors qu’on a vaguement suivi l’actualité musicale de ces vingt cinq dernières années. Cave, australien nomade (Berlin, le Brésil, Londres…), 52 ans (putain, vu les photos, certes de presse, le gars est disons bien conservé malgré sans aucun doute quelques excès…), aujourd’hui crooner/rockeur disons largement supérieur à la moyenne, et hier méchant punk bluesman toxique (Birthday Party, ses 4 premiers albums solos avec les Bad Seeds…), avait déjà tenté l’aventure éditoriale avec un premier roman assez baroque, puissant et sombre, mais parfois un peu chiantos et trop touffu, Et l’âne vit l’ange sorti en 1989 et traduit chez Le Serpent à Plumes en 1995, racontant en gros son obsession pour le deep south américain…Là donc, allons y pour le désespoir mais gaiement cette fois : le truc raconte l’histoire perrave de Bunny Monroe, commercial en cosmétique, dicté par sa bite et qui évidemment va perdre pied après un douloureux et rédhibitoire épisode familial…C’est très très dark, totalement désespéré, on y retrouve les thèmes chers à sa carrière de chanteur (le bon fils, la route, le sexe, le bien contre le mal, l’alcool et les cigarettes, la chaleur et le soleil…), mais tout cela avec un humour ultra absurde, une ironie mordante, un rythme efficace, une gentille aventure littéraire à la saveur aigre-douce, totalement immanquable pour les amateurs du monsieur, mais pourquoi pas le genre de livre surprenant à offrir à votre mère ou belle-sœur dès lors qu’elle va de temps à autre à la bibli ou qu’elle feuillette Télérama…Et si vous êtes pas dans ces catégories, tentez quand même, ça parle d’humanité certes un peu cheloue, mais avec virtuosité, chaos et lucidité, ce qui n’est déjà pas si mal…
Nick Cave Mort de Bunny Munro (Flammarion – 338 Pages / 20 Euros)

Mouais….je suis une femme, je vais à la bibli et lis télérama régulièrement, et ça m’empêche pas de vouer un amour sans bornes, et une admiration brulante pour Nick Cave….
Et à chaque fois que je crois que ça peut pas être plus intense, je suis surprise par un nouvel album, ou par ce roman qui m’a soufflée.
Donc pas de généralités, merciiii bieeeen !
F.B.
NB : j’arrive un peu après la guerre, mais bon mieux tomard que majais.