V/A Sisters (Sisterphunk)
Bon, c’est l’été, il fait chaud, welcome pour ce genre de disque, disons 18 titres, tous aussi improbables et ultra frais, façon crème glacée ou grande bière, au choix. Le truc, c’est en gros de balayer la sphère ‘’newpop’’ 2009, de sauter du coq à l’ane, de découvrir tranquilos mais plutôt enthousiaste (autrement dit, pas la peine d’aborder ce genre de compilation façon rockcritic blasé et érudit) une ribambelle d’artistes sans tabous, souvent rigolards et totalement décomplexés : relents progrock, des zestes italo-disco, des voix transgenres truffées de réverbs vicieuses, quelques effets psychés limite psychos, du truc néoworld music, du garage rock synthétique, de la new wave of the new wave, bref, vous l’aurez compris, rien de très grave, juste une proposition sans frime de la part de Sisterphunk, label parisien spécialiste de l’air du temps (à la base, Phunk, c’est une boite de promo, genre de celle qui fait parler de Justice, Miss Kittin & The Hacker, Mgmt ou Gossip mais aussi de trucs plus chelous genre la compile Clone Classics, Masomenos et cie…). Beaucoup de chouettes trucs (mes favs : The Antlers, Teengirl fantasy, S.c.u.m…), l’artwork signé Thomas Lelu est impecc’, ça existe en triple vinyl pour les amateurs d’objet, et au-delà d’étre le parfait disque d’époque, gageons que cette compilation déroutante au premier abord pourrait bien connaitre la destinée culte disons d’une Nuggets ou d’une Artificial Intelligence.
Son inventeur Hervé Siard, jeune & joli, nous en parle ici avec passion et élégance, juste après avoir cliqué sur le lien dessous histoire de comprendre l’atmosphère du bazar…
THE ANTLERS – Two
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Ns : Bon salut Hervé Siard, explique nous un peu, c’est quoi le propos de cette compilation Sisters ?
Hervé Siard : Je connais depuis des années, Fabrice Desprez, un des deux patrons du label SisterPhunk. On parle de musique ensemble depuis. Je lui avais fait écouter un ou deux trucs un peu en avance. L’idée de la compilation a germé de ces discussions enflammées. J’aime avant tout la musique pour ce qu’elle a de vivant et de représentatif d’une époque, d’où l’idée d’ « air du temps ». Qu’y a-t-il de plus chouette que de voir les groupes quand ils émergent quand ils sont encore à leur adolescence ? On voulait faire un objet pop qui côtoient autant d’univers et de sentiments que possible, de l’hystérie adolescente à des choses plus mentales.
Ns : Y a un max de morceaux, on connait déjà deux trois trucs, mais il y a beaucoup de découvertes : Clairement, ils viennent d’où tous ces jeunes sauvageons ?
Hervé Siard : Grâce à un budget super extensible, j’ai pu traverser le monde, goûter les Margaritas de Johannesburg, les Pinacoladas de Toronto, les Bloody Marys de Djakarta, pour finalement revenir exténuer et avec une gueule de bois de trois mois à Paris. Non plus sérieusement, on a fait ça avec un budget tellement serré que tous les groupes ont été découverts sur internet mais en profitant tout de même des cocktails. En fait, je me balade pas mal sur des communautés assez fermées où les artistes font circuler eux-mêmes leurs albums.
Ns : Hervé, tu passes ton temps à trainer dans des trucs undergrounds, à lire les fanzines, à checker les bacs des disquaires (Euh, excuse moi, j’ai plus de 40 ans, je voulais dire, tu vas clubber avec les kids, tu lis les blogs et traine sur le net où tu télécharges compulsivement ?)
Hervé Siard : En fait, c’est un peu un mélange des deux univers. Je pense que l’idée d’ « air du temps » que l’on défend ardemment et qui n’est pas un hommage au parfum du même nom est central. Du coup, il est aussi important d’aller dans les clubs de kids que dans les soirées plus matures. Je crois fondamentalement à cette idée que les choses n’arrivent pas indépendamment mais sont liées. Et comme dans la musique, ce n’est pas le genre qui compte mais le ton, et l’humain derrière, un fanzine peut être aussi important qu’un blog. Un peu à la manière de ce que décrit Greil Marcus dans le livre Lipstick Traces, il montre de quelle manière les situationnistes ont inspiré les punks. Je pense qu’en allant sentir ce qui se passe la nuit, lors des concerts ou dans les clubs, comme de télécharger de manière obsessionnelle, on appréhende mieux les différentes scènes d’une époque. La compilation est une vraie représentation subjective de tout ça, de fanzines papier londoniens à des blogs nancéien.
Ns : Thomas Lelu, le gars qui a fait la pochette là , c’est de l’art, c’est bien ça ?
Hervé Siard : La sélection pop et hétéroclite nous a fait penser à l’univers de Thomas. En plus, il a ce côté libre et déconneur, doublé d’une vrai réflexion que l’on aime bien. Il y a des années, nous avions participé ensemble à un fanzine nommé Sexc qui est l’abréviation de Son Excellence. J’avais beaucoup apprécié de travailler avec lui. Le côté humain est fondamental quand on passe beaucoup de temps avec les gens. Après, grâce à des objets comme le livre Je m’appelle Jeanne Mass, Thomas est devenu une icône de l’art contemporain. Son prochain livre Le parisien qui sort en septembre promet…
Ns : Qu’est ce tu crois qu’il va leur arriver à tous ces artistes ?
Hervé Siard : Je pense qu’il y en a une petite poignée qui va émerger. Cependant si la qualité musicale était synonyme de succès et donc de pérennité, je pense que certains groupes vraiment pénibles nous auraient lâchés la grappe depuis longtemps. Mais à priori, les groupes de la compilation sont tous soit signés soit en bonne voie. Après, il y a certains petits favoris pour qui je vois une carrière assez glorieuse…
Ns : Et là , la compile, ça va être une nouvelle Nuggets ou à l’inverse, ça va finir dans les tréfonds de l’histoire ?
Hervé Siard : Je crois que comme tout objet pop, son impermanence est inhérente. Je pense qu’accepter cela est fondamental si on travaille dans cet univers. En plus, il n’y a pas de règle, les histoires d’amour d’une nuit sont des fois plus belles que celle qui dure 3 ans. Si cet été, quelques personnes peuvent twister, se rouler des patins ou conduire leur voiture en l’écoutant, je serais ravi.
Ns : Bon allez, comme on dit à Lyon, bonne bourre et à totbien..
Hervé Siard : J’adore Lyon. Je trouve que Grrrrnd Zero est certainement la salle la plus fabuleuse de France. Il manque tellement ça à Paris. Et puis il y a le foot mais ça je préfère ne pas en parler…
V/A Sisters (Sister cd72 – Cd /3LP – Sortie le 15 Juin 2009 – Distribution Topplers)















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Tranquille tsais.