DANGERHOUSE fète ses 20 ans !!!
Ok ok, c’est la crise du disque, tout ça, le téléchargement, blah blah blah…Mais bon, le truc, pour tout music freak qui se respecte, celui qui disons aime la musique un plus intensément que la moyenne (genre celui qui se relève la nuit pour checker des notes de pochette, repense éternellement le classement de sa discothèque, vous voyez le genre, le type normal quoi…) c’est et ça restera le disquaire. Justement à Lyon, on a quelques uns d’essentiels et qu’hommage leur soit éternellement rendu (qui un jour se penchera sur leur sort, leur rôle de passeur patrimonial et de médiateur culturel, hein ?).

Donc aujourd’hui, hop, un petit tour chez Dangerhouse, qui féte en ce mois de Juin 2009 ces 20 ANS d’existence !! Rencontre avec Bruno, le sympathique taulier du lieu, dédié (au sens large du terme) au Rock’n’roll, ses dérivés et ses racines…Notez que chez lui, on y trouve évidemment des disques (des Cds certes, mais aussi et surtout des vinyles, des 33 tours, des 45 tours, des 25 cm), neufs ou d’occasions, mais aussi de la presse ultra spécialisée (en français et en anglais), des livres (tiens au hasard, l’excellente bio des Cramps par Alain Feydri), des dvd’s, du merchandising, des tee shirts, etc…En gros le genre de bouclard parfait, et même si je sais qu’il aime pas trop cela, juste histoire de flatter, sans doute l’un des top disquaire mondial !
Ns : Salut Bruno, bon tu »fêtes » en ce mois de juin les 20 ans de ton incroyable boutique de disques Dangerhouse. Ca va, tu tiens le choc, t’es pas trop lassé ?
Bruno : Je ne peux décemment pas me plaindre…Toujours autant d’excitation à l’arrivée des nouveautés, l’ouverture des colis, tout çà…
Ns : Alors raconte un peu ton passé et pourquoi t’as décidé de monter cette boutique il y a 20 ans ?
Bruno : Au départ, j’étais salarié d’une boîte de merchandising. Lorsqu’ils se sont installés dans les locaux rue Thimonnier en 1989, on a décidé d’utiliser le pas de porte existant pour monter une boutique de disques… Lorsque l’entreprise a été obligée de déposer le bilan en 1992, j’ai alors racheté le stock pour continuer en solo.
Ns : Pour ceux qui ne connaissent pas, quel genre de trucs on peut trouver chez toi ?
Bruno : Ce qu’on ne trouve pas chez les distributeurs mainstream, du garage, du punk, du vieux son en général, des rééditions pointues en sixties, soul, musiques de films, hardcore… En approche générale, des musiques à guitare de bon goût, des labels indés, des bizarreries hors-normes…
Ns : Et tes clients alors, c’est plus que de simples consommateurs n’est-ce pas ?
Bruno : Ce sont surtout des curieux aux oreilles ouvertes, qui ne veulent pas se cantonner à l’offre musicale généraliste et consensuelle. C’est toujours très gratifiant de voir repartir un client avec Archie Shepp et Métal Urbain dans le même sac…
Ns : Qu’en est il de l’intérêt des plus jeunes pour la musique, les disques, le rock’n'roll ? Est ce que tu comptes beaucoup de jeunesse parmi tes clients ?
Bruno : Même si la moyenne d’âge est encore assez élevée, il y a en ce moment une bonne relève d’ados curieux, quelques uns reprennent la collec’ de disques de papa et veulent continuer, d’autres trouvent les limites de la conso en ligne, ou encore veulent exprimer un soutien aux groupes et aux labels.

Ns : Je me pointe chez toi un peu par hasard, j’hallucine parmi tout ce choix. Quels sont les cinq trucs que tu me conseilles immédiatement ?
Bruno : Vu ta tête, l’album des Obits sur Sub Pop (nouveau groupe de Rick Froberg des Hot Snakes), terrible d’un bout à l’autre… L’album de Jim Jones Revue, croisement parfait des Sonics et de Little Richard… Les rééditions des deux albums de Rodriguez, sortis au début des seventies, folk psyché parfait… L’album des Kits sur Dirty Water, le nouveau Rippers chez Slovenly, et si tu as encore du crédit, l’album de Paperback Freud pour ton penchant heavy r n’ r pour teenager…..(Ndr : alors là respect, Bruno a tout juste, ces disques sont impecc’ voires essentiels, de la came parfaite pour mon look peu ostentatoire, mi gentil papa mi péquenot…)
Ns : Est ce que tu saurais nous donner les 10 meilleurs ventes du magasin depuis 20 ans ?
Bruno : Sans surprise les grands classiques inusables, en vrac les Stooges, MC5, Sonics, 13th Floor Elevators, Dead Kennedys, Cramps, Beefheart…En moins standard, les albums des Mono Men, Swinging Neckbreakers, Mummies, Briefs, Jon Spencer, Radio Birdman et la scène australienne, Hellacopters/Nomads et la Scandinavie en général, Dead Moon, Fuzztones, Billy Childish, les artistes In The Red sont des piliers de bacs…Ces dernières années, grosse remontée de la scène punk 80’s avec les repressages de Wire, Flipper, Wipers, Gang of Four… Bons scores de la scène locale aussi, avec les Irradiates, Buttshakers, One Second Riot ou encore les Lost Boys… Le krautrock bénéficie depuis quelque temps d’un gros retour d’intérêt aussi.
Ns : Et justement du rock’n'roll, t’en joues encore un peu ? T’étais un pas mauvais du tout guitariste…
Bruno : Non, plus du tout le temps… Je peux encore craquer sur une guitare de temps à autre, mais mon emploi du temps est déjà pas mal compressé… Ca ne me manque pas trop, je vis ça par procuration maintenant, c’est ok pour moi !
Ns : Et les concerts, tu y vas encore souvent ? Quels sont les trucs que tu as bien aimé sur scène récemment ?
Bruno : Moins de concerts qu’avant, pour les mêmes raisons que précédemment, une vingtaine par an à la louche… Belle claque avec Heavy Trash et les Subsonics l’année dernière, Kid Congo cette année, Graham Day est toujours aussi classe sur scène aussi… Content d’avoir vu les Flaming Stars et les Dum Dum Boys à Nîmes début mai, des groupes avec une vision et une intelligence qui manquent parfois cruellement dans la scène actuelle…

Ns : Et en dehors de la musique, on a du mal à imaginer un disquaire disons canal historique faire autre chose que d’écouter des disques ?
Bruno : Non, je fais plein d’autres trucs, mais je ne me rappelle jamais quoi, je ne pense qu’à retourner écouter des disques…
Ns : Bon, vingt ans, ça va c’est pas mal, mais t’imagines le truc dans vingt ans ? Qu’est ce tu crois que ça va devenir tout ce bazar, les disques tout ça…
Bruno : Super confiant, voire même un peu naïf… Je suis un peu illuminé, je pense toujours qu’il y aura des groupes intéressants, des artistes qui auront des trucs à dire, des labels qui prendront des risques, et des fans qui les soutiendrons à travers un support matériel au potentiel affectif inégalable…
Ns : Ton site est pas mal du tout, il y a pas mal d’actu, des chroniques de disques, des photos de concerts, etc…Par contre il ne me semble pas qu’on puisse t’acheter directos des disques sur le site…Quel est ton rapport à l’internet, et penses tu développer ton activité de disquaire par ce biais ?
Bruno : En fait, je fais de la VPC de manière inorganisée (à l’image du magasin sans doute), à savoir que j’envoie régulièrement des colis à travers la France, mais tout se passe par mail ou phone… Je n’ai vraiment pas le temps de monter une liste de vente sérieuse, pas mal de trucs sont en stock pour quelques jours seulement avant d’être épuisés… C’est plus un service que je rends à des clients lointains, ce n’est pas le but du site… Internet est un outil fantastique, ça me fait gagner un temps fou, il faut savoir en user de manière raisonnée… Et je suis pour le téléchargement…
Ns : Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour ce choeuette anniversaire, et quel cadeau improbable te ferait le plus plaisir ?
Bruno : D’aller passer six mois dans chaque capitale européenne pour ouvrir un Dangerhouse local…
Dangerhouse / 3 rue Thimonnier 69001 Lyon / 04 78 27 15 64 / contact@dangerhouse.fr
Métro Hotel de Ville / Bus n°1 – La Feuillée
Ouvert du Lundi au Samedi de 13h30 à 19h00














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Tranquille tsais.